Thomas Cock

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Cockstorming featuring the Glitz

In Uncategorized on 09/01/2011 at 6:42

On peut-être endimanché toute la semaine, rien ne vaut un vrai dimanche. J’ai le réveil ivre de la veille et l’âme d’un souterrain. Un de ces feeling ! Un genre de communion entre vices et vertus m’habite. Dans l’église de mon corps l’orgue de la soif fait monter sa musique, alentour la mélancolie tombe en film noir et blanc sur des arbres jaunes et rouges. Montréal pleure sa plus belle saison et ses filles sans culotte. Je marche la tête dans des érables chromatiques sur toile anthracite et téléphone au Glitz pour lui proposer d’aller bièrestormer. On se retrouve à La croissanterie, encore souls de la veille, il pleut comme pour nous appuyer dans le choix d’un pichet. Belle gueule. On trinque à l’après-midi, en marge du monde, chacun armé de papiers et d’un bic ! J’ai l’impression d’enfiler des lunettes 3D avant un film que je mourrais d’envie de voir et m’installe confortablement dans ma chaise à coudières. Je ne sais pas comment il le ressent mais il me lance d’entrée de jeu un : « J’ai fantasmé sur un mannequin dans une vitrine tout à l’heure ! ». « Reglo ! » aussitôt ai-je de lui répondre. « Je suis entré, me suis fait passer pour un étudiant en stylisme pour voir si d’une quelconque manière, je pourrais obtenir ce mannequin… » « Ah ouais ! Là c’est différent ! Qu’est-ce qu’il a ce mannequin ? » « Des cornes ! » « Des cornes ? » « De bouc, ouais ! » « Ouais, ça se tient ! Qu’est-ce que t’en aurais fait ? ». « Je sais pas j’en peux juste plus d’être un geyser de testostérone … dans un monde dominé par l’œstrogène ! »  « Ca cyprine pas assez, tu veux dire ?! »

Le jazz grésille, le diamant dérape du vinyle et le bras du pick-up se lève de quelques centimètres. Deux filles-femmes entrent et se dirigent vers nous, l’air disparaît absorbé par leur présence, leur trop désirables silhouettes, leurs simples auras enveloppées dans des peaux hâlées, leur fin de fou-rire qui résonna presque, leurs bouches au ciel, leurs cheveux flottant. J’ai un des deux culs de flanelle couleur Camel, hauts perchés, assez prêt pour me péter dans l’oreille que j’essaie d’inspecter le plus discrètement pendant que mon alcoolyte me dévisage. Elles s’asseyent dans un tintamarre de sautoirs à plumes, perles, morceaux de bois taillés… Le haut de satin de celle en face de moi ondule comme un frisson. « Je lève mon verre… ». Glitz lève le coude sceptique. « … à ton achat de poupée gonflable ! ». « C’est un mannequin ! Et je ne l’ai pas acheté ! ». Deux yeux ébène avec des irisations de soleil clignent de fins rayons noirs en ma direction. Mes yeux sourient naturellement à cette petite reconnaissance. Du côté de mon alcoglitz, il se passe aussi quelque chose. Une onde nous traverse tous les quatre et une drôle de géométrie décroise symétriquement les deux diagonales de regards. « Au divin ! Au mystère ! A tout ce qui nous dépasse ! A la femme ! » trinque le Glitz en me regardant les yeux pétillants et la voix presque chantante ! Le haut de nos deux verres se rencontre « A la tête ! », le bas cogne « Au cul », re… « Surtout au cul ! », on frotte nos deux verres « Et que ça glisse ! » … en pensée seulement ! Lui doit penser « et que ça glitz ! » comme je le connais. Elles commandent du Chardonnays.

Un charme de cellophane emballe mon cœur lorsqu’au troisième pichet, après qu’on ait été volontairement mignons à mélanger discussions sur l’inconscient collectif de Jung, la toile, les dragues sans succès, la noosphère, les filles qui sont nées pour être muses, les étoiles, l’impensable sexe, les séismes mentaux qu’on aurait ressentis avec certaines, les bouches abyssales dont les rires étaient comme des musiques, l’espace et le temps qui ne sont que des idées, l’envie de faire un bouquin de photos sur des chiottes et un autre sur des clodos, le laid quand il devient beau, l’art de vivre, l’impossibilité qu’il y a à arrêter de penser aux femmes, les beautés égoïstes, les beautés volées, les beautés cachées, les beautés qui ne le font pas exprès, qui n’ont pas l’air d’être au courant, … , la plus splendide de ces deux créature me demande ce que j’entends par : « il faut qu’elle te titille l’hypothalamus ! ».

Je lui explique qu’une fille absolument magnifique de trop de manières, détestablement pétasse ou étrangement occulte titille mon hypothalamus si elle n’est pas cet hypothalamus lui-même. Glitz lui dit qu’on a tous une femme en nous qu’on désire aimer, qu’on a longtemps élaborée inconsciemment, que la plupart du temps quand on rencontre une femme, on projette cette intériorité sur elle. Là il m’étonne. « And if it is the perfect match ! Bingo Ringo ! » qu’il gueule avec son accent parisien. Là, il m’inquiète. La gorge de son interlocutrice monte puis descend entraînant mes yeux dans son décolleté. « Par exemple, Thom est sorti longtemps avec une fille qui ressemblait à Jennifer Anniston parce qu’il était amoureux d’elle quand il était petit. Hein ? » Là, il me … Pas d’ascenseurs Glitz ! Redescends au premier ! « Moi j’aime les petits seins » dit-il en louchant sur la paire piriforme à côté de moi. Qu’est-ce qu’il fout ? Il relève la tête un peu lentement en souriant. J’ai peur qu’on fasse du funambulisme sur le fil alcoolémique du Glitz. « Toi aussi Thom, t’aimes bien, hein ? » « Oui » dis-je un peu coincé. « Ben faudrait inventer un nom pour les mecs comme nous qui aiment les petits seins ! » J’essaie de rattraper le coup avec celle qui me plaît et continue ce que je disais « Lorsqu’on rencontre une femme qui comble nos désirs profonds, sans la façonner ou la faire rentrer dans notre moule, elle titille notre hypothalamus,… » « Attention faut quand même que ce soit une zoukmachine !» ajoute le Glitz. « Comment ça ? » « Ni pute, ni soumise ! » C’est ce que je craignais ! Putain c’était bien parti…  « … il y a comme un écho à notre univers, notre inconscient s’illumine d’étoiles. On rejoint notre être profond… Une fille qui nous désinhibe, qui nous surprend et nous rend surprenant… » Je termine ma phrase dans ses yeux macassars, je plonge sans bouées. Mais alors que j’abandonne le navire, le moussaillon Glitz se lève. Aie ! Debout, vacillant, dans un bistrot plein, il montre la fille à côté de moi du doigt. « Désinhibe moi ! » qu’il murmure en penchant tout son corps vers elle. Quoi ? « Quoi ? » qu’elle lui demande surprise. Et là, sans même m’étonner, tout à fait serein, comme si je l’avais toujours vu faire ça, je le regarde se mettre à danser sur un rythme qu’il faut s’imaginer. Un genre de Valse éléctro avec des grands pas chassés et les bras écartés dans toutes leur envergure quand il se met à chanter : « DESINHIBE MOI !!! DESHABILLE MOI LE CŒUR  !!! TITILLE-MOI L’ANUS !!! DESINHIBE … »

A suivre !