Thomas Cock

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Fermeture éclaire

In littérature on 24/02/2012 at 5:43

Nous sommes le matin, il est 15h30. Le monde est pareil à lui-même. Tel que je l’avais laissé. Tel que … ? Tel que quoi? C’est la question que je vous pose.

Nous irons en Enfer, Thomas et moi pour avoir fait la fête sans Mercredi Adams malgré sa mise en garde. Un enfer de Danaïde. Une mer de Cointreau et une cuillère percée.

Au 82 toujours, le bar after de toutes mes espérances. Quand Pigalle devient Montmartre. A ce confluent là-même, au rad des rads, nous sommes accueillis par un nain gondolier. Il agite un parapluie, autrefois pagaie, se proclame « police de l’univers » et nous invite à entrer. Ca s’ouvre et ça se referme. Zip.

Nous nous conduisons en clients modèles. Poétiquement corrects. Gentlemen de la cuite. Bières et shooters. Allumant quelques femmes indécises. Irradiant quelques idées à peine occultes, la philosophie en bonbon à sucer. Mandarine Napoléon.

Autour de nous, le monde tourne à une vitesse qui me trouble la vue. Nous essayons à deux avec ce levier qu’est la foi alcoolisée d’y changer quelque chose mais quick. Le comptoir, le zinc glisse et ne peut servir de point d’appui. Autour de nous, je disais, les gens apparaissent et disparaissent, tombent comme des mouches aux mains des videurs, pièges de miel.

De raisons farfelues en surréalismes nocturnes en excuses bourrées en décisions de portiers, notre ami Paul Z. se fait expatrier du bar et déproprier de sa vodka caramel, tendrement chérie. Nous sommes réquisitionnés dehors comme témoins.

Paul Z. aurait confondu un homme, fétiche ma foi, mais avec une femme tout de même. Je m’aperçois du même coup que je ne connais pas Paul Z. mais il est trop tard pour ce genre de prise de conscience. Il se serait indigné auprès des videurs qu’on jette une si jolie et fragile créature à la porte et serait intervenu.

Le farfadet gondolier hurle qu’on rende le monde aux artisans. Il en a trop vu de ce commerce tronqué. Il réclame, exige qu’on rende à Paul Z. son galopin, son récipient d’espoirs, sa gorgée d’illusions.

Il n’en sera rien. Paul Z. s’en retournera ailleurs ou chez lui. Je fumerais toutes mes clopes, Thomas les siennes. Nous boirons tout notre saoul. A s’en noyer presque. Mr Hyde dort pour l’instant. Chuut!

Trotte

In littérature, poésie on 19/02/2012 at 11:52

Même une horloge cassée donne deux fois l’heure juste par jour.

Ça fait un peu plus de trois semaines que je suis arrivé à paris maintenant. Ma montre s’est arrêtée. Elle donne dorénavant et pour l’éternité, 8heures 2minutes et 23 secondes.

J’ai soif du temps. Envie de tirer sur l’élastique et de le faire claquer un soir d’impossibles rêves. Rêver ! Parlons-en ! Rêver 4 ans si tant est qu’on dort normalement. Dormir normalement comme tout le monde. Le sommeil comme ombre du jour, qui suit ou précède le jour.

On ne ronfle pas éveillé, on appelle ça, grogner. Pas plus qu’on ne baille quand on dort. Pourtant je baille la nuit. Je m’ennuie de dormir. Rêver, ça ne me suffit pas. Je veux vivre ! Je suis un somnambule, moi Môssieur !! C’est ma seule religion ! Je courre la nuit tout nu. Je suis un monomaniaque, un obsédé par l’envie de vivre. L’idée-même me fait crier la nuit. J’hurle ! Je ris, je chante, il m’arrive de pleurer parfois.

J’ai soif de la vie comme d’un fleuve. Cette nuit, je brûle la barque du sommeil, au café et à la clope. Je n’attends pas Mr Hyde à la fin de mon verre ou qu’il me toise dans un miroir, je me baigne avec. Je le défie de me couler, de me noyer dans le temps.

Je prends Paris pour otage. Son cœur d’albâtre, ses trottoirs plein de merdes de chien, ses bars plein de rouge à lèvre, et j’écume rads après rads, fume ses coin de rues, me perds dans son gros intestin souterrain, émerge et divague à la surface, d’ondes en ondes, me laisse ensorceler par son rythme apocalyptique. Je m’oublie, le temps d’un bateau-mouche, chante la gloire des mouettes flottant à quelques mètres des hommes. Je bois ses lumières jusqu’à la petite luciole des quais. Et je déraille une heure, même deux, une nuit, des siècles et des kilomètres de Paris de son chemin de fer. Pour moi !

« Est-ce que la montre peut-être l’horloger ? »*

*Le marquis de Sade, La philosophie dans le boudoir

God is a dealer

In Chronique, Humour, littérature on 19/02/2012 at 1:44

21 janvier 2012

En route pour l’île Saint-Louis, un lundi soir, voir une dame. 26 ans mais déjà une dame. Une excentrique bête de la nuit, une capricieuse, une vestimentairement folle, une drôle, une belge, une ex, s’il est utile de préciser, ma meilleure amie. Je me demandais quelles mutations Paris aurait opéré sur cette enragée. La veille, j’avais déjà recroisé une ex que la ville avait quelque peu changé. Je vous laisse imaginer ce que vous voudrez.

Bizarrement pour rejoindre le quartier gay, je dois prendre la ligne rose puis la mauve. Je sors à « Les filles du Calvaire », ce qui sonne comme une prémonition. Elle m’attend, Morticia Adams, dans une grande cape noire. Elle rit pour dire bonjour, pour dire merci, pour presque tout, presque tout le temps et très fort. Elle réveille donc tout le Marais de son gloussement de Castafiore.

L’idée que j’ai pu prendre le métro la choque tellement qu’on n’abordera jamais les usuelles politesses de retrouvailles. Elle m’emmène dans un vernissage d’un ami galeriste à elle. Il ne faut pas plus de cinq minutes pour faire le tour de ces catacombes surréelles où statuent un grand coffre avec une tête de squelette fluorescente, un guettho blaster  grand comme un piano et une moto déjantée sur laquelle est entassée une vie de vagabond.

Elle retire son manteau et on dirait à présent Nana Mouscouri déguisée en Lady Gaga. Je regarde ses énormes seins dans son push-up et elle éclate de rire. « Je sais, je suis au top ! » Je me marre et vais nous chercher deux coupes. Je regarde un tableau en 3D. Les pièces détachées d’un flingue à eau. Mon tél vibre dans ma poche. « Isole l’asiate ! Je m’occupe de la blonde !»

Et c’est ce que je fais, en pensant au bien que Paris prodigue aux esprits libertins. Les gens s’évaporent avec l’alcool et nous finissons à quatre, discutant autour du proprio ivre-mort dans un trône de velours. Je monte pisser, l’asiate me suit, il n’y a pas de raison d’attendre, je me retourne dans l’escalier et lui mange la bouche.

L’instant d’après, alors qu’elle redescend à boire, je me mire dans le miroir plein de rouge à lèvre sur le bord de la bouche et m’adresse directement à Dieu. Seigneur, regarde-moi, focus, je ne bois plus un verre ce soir, je ne fume plus une cigarette, j’arrêterais même définitivement la clope si tu m’accordes cette partouze. Deal ? Je baisse les yeux sur le miroir et me mets de l’eau sur le visage.

Aujourd’hui, le 21 janvier 2014, deux ans plus tard, je n’ai toujours pas partouzé avec une asiate, une blonde et une amie, ce n’est d’ailleurs que bien plus tard que j’ai compris ce qui s’était passé ce soir là. Par contre, ça fait presque vingt jours que je n’ai pas fumé de clope et ah oui… un an que je sors avec ma meilleure amie.

Merci Seigneur!

Cauchemar: Nuit du 2 au 3 janvier 2012

In littérature on 13/02/2012 at 9:05

Nous faisons chemin en voiture, électro à fond. Petites rues de campagnes en petites rues de plus en plus paumées. Une longue et sinistre allée. Le sol est des deux côtés plus haut que le chemin, les racines sont à découvert sur le côté et les branches se rejoignent haut au-dessus des têtes.

La première voiture est rejointe par une deuxième devant une maison de campagne à flanc de vallée. Les jeunes tombent nez à nez avec les parents, apparemment pas encore partis, une petite scène s’écoule.

Pendant ce temps, un peu plus loin dans les Ardennes, deux autres voitures, de très mauvais goût, disons tunées et pleines de skinheads sinuent bruyamment dans la campagne.

La nuit tombe et l’ambiance s’électrise, s’endiable. Le premier groupe s’enivre au champagne, près du feu, entouré de trophées de chasse, jouant à un jeu de cartes. Un peu plus loin, dans le même bois, l’autre groupe écluse des canettes de bières dans le refuge du garde-champêtre.  La nuit passe.

L’aube se lève lugubrement sur le bois. Je titube, ivre et perdu par cette nuit, les pieds nus dans les épines de sapins. J’avance dans ma panique jusqu’à une route déserte que traverse le bois. Par terre, au bord de la route, sur le sol gelé, une jeune fille que je connais, gît. Qui exactement, je ne sais pas.

J’essaie de réveiller la fille. Je la secoue. Il semble de plus en plus évident qu’elle est morte. Avec ce terrible constat, apparaît au bout du serpent de macadam, une voiture de police. Laquelle se dirige très lentement en notre direction.

J’essaie de tirer discrètement le cadavre vers le bois mais le corps est trop lourd. J’abandonne et m’assied à côté de la demoiselle, que je feins d’enlacer. Je tourne le corps et le visage inertes vers moi, de manière à ce que la figure blême reste cachée. La voiture de police passe à une allure démesurément lente et proche de moi.

Dans ma manipulation pour garder le visage hors de vue du policier, j’opère une rotation avec le corps moribond contre moi, la putréfaction me rentre par les nasaux, le dégoût veut me sortir par la bouche. Mais c’est par mes yeux que jaillit la honte, la tristesse et l’incompréhension. Mes yeux rencontrent ceux du policier, des yeux révulsés par l’horreur. Pas l’horreur actuelle, une autre horreur dont il revient.

Télétubizz

In littérature on 13/02/2012 at 9:03

La colloc est enfin arrivée, le premier janvier à midi, j’essaie de dormir. J’ai une terrible gueule de bois, l’agonie de la nouvelle année, chaque année plus… chaque année pire, ma tête grince au son de ce vieux plancher. Elle parle intentionnellement fort ou elle parle toujours comme ça ? Elle s’adresse en Anglais à son petit-ami, le formalise, le consigne sur le manuel, le mode d’emploi de l’appart, utilisant mes erreurs domestiques comme exemples. Elle emploie cette petite voix de l’amour qui rend fou les sans-conjoints. En Anglais, qui plus est ! Je ne le comprendrai que bien plus tard mais ça commença tout de suite. Les « mondoux » !  Pour « mon doux bel-amour ». Et ils s’appellent comme ça l’un, l’autre, elle et lui, son boyfriend de Brooklyn, à longueur de journée.

–          Mondoux ?

–          Mondoux !

–          Twinkie-Winkie !

Cours Florent

In littérature on 13/02/2012 at 9:01

Clémence avec son corps juvénile, son temple, ses cheveux attachés, sa pudeur, sa candeur, son éblouissante et pourtant fragile aura me donnent l’impression d’être à un point de rupture. Quelque chose s’apprête à lâcher, à craquer. Elle foule les planches et me haït d’un seul regard qui suffit à divulguer aux yeux du public le profanateur que je suis. Pas un mot ne sort de sa bouche ni de la mienne mais je sens que ça va être terrible. Je vais en chier.

Elle serre les dents.

Elle me dispute un amour perdu. Elle crie, elle pleure. Elle pleure si fort. Ca a l’air si vrai, si triste. Je vis d’un coup dix déchirures passées. Dix amours ressuscitent d’un seul coup comme une seconde chance et je suis paralysé. Je me dirige vers elle comme un somnambule obsédé par l’affection. Je la prends par le bras. Elle aboie. Enragée, elle rue de l’autre côté des planches.

L’amour n’est qu’un jeu. Un jeu de française. Je suis stupéfié. Je suis coupable d’abandon. Elle hurle. J’ai mal au cœur qu’il y ait tout ce monde et qu’il y ait urgence de dire quelque chose, de jouer. Le professeur l’encourage à me gifler. Elle suffoque presque de colère. Elle attend ma moindre réaction, ma moindre parole pour éructer. Je ne dis rien. Je ne sais pas quoi dire. Je ne comprends pas à quoi on joue et surtout pourquoi on joue. J’ai envie de l’embrasser comme j’ai envie de sa gifle. Frappe-moi ! Ne serait-ce que pour mon silence !

Rien ! Au suivant, à la suivante !

Camille est effrayée de me voir sur son quai de métro. Qu’est-ce que je fais là ? Pour me venger ou comme un chien sentant la peur, je l’attaque. Verbalement. Ses yeux noisette se lèvent tout ronds vers moi, inquiets du mal que je vais encore lui faire. Elle riposte. Je ris. Follement. Je change d’ailes, joue l’indifférence, l’intouché et l’intouchable. Un homosexuel. Je lui parle de Charles, mon soi-disant petit-ami. Elle rit. Tout le monde rit. Je lui dis qu’elle devrait être contente d’avoir changé ma vie. Et non ça ne lui fait pas plaisir. J’essaie de la complexer et elle répartit cyniquement, la bouche pleine d’un venin qui m’est destiné.

Le prof coupe et je suis un saoulard, un cuitard de l’aube, posté, le corps tordu, guettant l’œil malade son arrivée. Elle arrive. Ma soulographie amoureuse la met hors d’elle. Je crache des mots entre deux hoquets, lui répète que j’ai envie d’elle, que c’est à cause d’elle que je suis ivre. Je ne pige bientôt plus rien à cette matinée où on rompt, sans cesse, avec moi. Deux ex, trois combats, trois cornes au caméléon de Jackson, un quai de métro qui n’en peut plus.

La déshabitude

In littérature on 13/02/2012 at 9:00

Le café Sancerre, toujours.

La rue des Abesses, toujours.

Le flanc de la butte, toujours.

Ecrire pour prendre l’air, pour sortir, pour goûter cette rue, le monde, la foule, le bruit, la vie.

Alors que je rêve de ma banquette à ma bière, de ma bière aux montagnes de la Lune, aux neiges éternelles, où le feu et la glace se côtoient de près, aux Virungas, ces volcans nerveux, au caméléon de Jackson, ce tricératops miniature, à la vie foisonnante, un peu plus bas, aux crocodiles, aux peuplades perdues, aux treize variétés de singe, mangape, collobes…

Apparition extra-terrestre d’une métisse filiforme enveloppée d’une cape coquille d’œuf, le crâne rasé, les yeux bridés, deux pétales de rose rouge vif en guise de lèvres, des oreilles minuscules, un nez minuscule, les dents fine porcelaine. Son visage rugit la race du futur, la grâce de l’avenir, l’esthétisme de demain, l’élégance 2012, l’apogée du métissage, l’apothéose, l’apocalypse du genre, la peau dorée, moire sous les néons roses de la place blanche.

Théâtreke

In littérature on 13/02/2012 at 8:38

Juliana, les grandes jambes et les jupes de marque, Audrey-Sara, le décolleté surpris en flagrant délit d’exhibitionnisme, Marine, soleil de Nîmes, Chloé, l’habilleuse, Leslie, les yeux macassars, le minois de chat, … le prof qui fume des clopes sur sa moto, cow-boy fringuant.

Et les autres qui avaient choisi : Lagarse, Juste la fin du monde ; Gamblain, Mon cœur scintille ; Un singe en hiver, les dialogues d’Audiard ; Charlie Chaplin, la vie ; Musset, Louison ; Dossogne, Sois un comédien mon fils ; Hunter S. Thompson, Michel Reeb, le chien de Léo Ferré, Racine…

Elle Joue Bérénice et lui un Titus silencieux. « Alors c’est ça vieux chacal ! Eh ben régnez cruel ! » Et elle s’en va. Et lui reste, et nous restons. « Il faut t’en foutre sans s’en foutre ! » … Mmmh ! Ben oui fatalement ! Charabia de théâtreux !

Les Moires

In littérature on 13/02/2012 at 8:34

Elles ont toutes des petits bonnets rouges. La grosse horloge indique 7h45. Une brune accoudée au tournant d’un bar se lève de toute sa longueur. Ses doigts, jouant dans ses cheveux sont majestueusement grands, blanches arachnides, glissant le long d’une mèche. Elle déboule devant l’escalier en colimaçon de fer forgé. Elle rejoint trois métisses, coupes afro, grands cous, t-shirts échancrés. Banquette de cuir, bière carlsberg, Henry Miller, Sexus, la crucifixion en rose. Demain 8H30, première déclamation aux cours Florent.

Les deux rayons de l’horloge qui font un diamètre, les gens qui se frottent le nez, les couples qui se tripotent, les filles qui passent leurs cheveux derrière leurs oreilles, les autres qui se recoiffent, les uns qui mangent, ceux qui s’empiffrent, rêvent les jambes croisées sur un tabouret, boivent seuls, chipotant un cure-dent, têtes figées, têtes hochant le oui et le non, l’ascenseur et le match de tennis. Les miroirs épanouis en demi-cercles solaires, les néons rouges sous les franges dorées, les lampes art-déco aux allures de montgolfières cubiques.

Une femme, cheveux noir, l’intelligence sur le visage se laisse embrasser sur le front par un grand moustachu au pompom de Noël sur la tête. Son décolleté, l’étendue ouverte de peau brillant dans les éclairages tamisés, s’élevant en un cou m’attire. Je boirais tout mon saoul, toute ma poche de billets d’amateur fraichement débarqué, pour une connivence, pour que ses explosions de visages, ses expressions, la richesse de ses lèvres, la saillie d’une pommette, un battement de ses cils me concerne.

Oh Paris, douce violence, frénésie cacophonique. Je veux boire pour la Noël. Je veux fumer pour la Noël. Je ne veux pas me lever demain. Je veux fêter, chanter, danser. Bouger tout mon corps, goûter toutes leurs bières, défaire son chignon de cheveux au sommet de sa tête et monter pousser un cri de loup tout en haut de cette butte.

Ma vie recommence en hiver

In littérature on 13/02/2012 at 8:28

Je vois mal comment je vais arrêter de fumer dans ce diable de quartier. A six jours des bonnes résolutions.

La rue des Abesses. Il me suffit d’ouvrir la porte, longer le cimetière, à pic et prendre la petite rue pavée, en face au carrefour. Et je suis à mi-hauteur de la butte Montmartre, marchant dans une autre époque. L’Entre Deux guerres ou la Belle-Epoque ? Foulards diaprés, écharpes de grosse laine, gants brodés, bérets écossais, chapeaux de tweed, pantalons de velours, longs pardessus, capes, cannes…

Je m’arrête à la première chaufferette. La rue est ainsi faite. Une longue enfilade de terrasses sous chaufferettes, bars après bars du cimetière à l’église. De temps en temps, un commerce avec son étale sur la rue. Un poissonnier, une boulangerie, un charcutier, un bar, un restaurant, une guinguette, un rad, une échoppe à crêpes, une autre boulangerie, un caviste, un tabac large comme une porte, un bar, une taverne,  un café, un bar, une guinguette… Il va me falloir des œillères de cheval pour emprunter tous les jours cette route de la soif.

Zéro,  Il ne neige pas. Je savoure ma bière à sept euros. Défilé impressionnant de touristes, de gros appareils photo, de flashs, de femmes, de flashs, de modes, de flashs… de rouge à lèvre, de chiens, de fourrures, de scintillements de bijoux de Noël, …

J’ai pris le Thalys, Bruxelles-Paris, un peu plus tôt, cet après-midi. J’ai demandé à ma mère de ne pas courir après le train. J’ai coupé une fois de plus le fil du temps qui tissait sans surprises, croisait et décroisait toujours les mêmes fils.