Thomas Cock

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Hipster

In Uncategorized on 06/01/2011 at 10:30

J’écris depuis un bar au croisement st laurent et st viateur. On dirait que le bar a subi une attaque à la bombe, très sympa, pas une chaise pareille que l’autre, des vieux cendriers sur pieds en guise de déco et des fauteuils style faux Louis, plein de monde, pas trop cher, des murs défrichés… Je surfe sur l’île sans fil… Le capitaine de cette embarcation a un gros bonnet rouge et une barbe de corsaire, sa femme, j’essaie toujours de savoir si elle est enceinte du dos ou du ventre…. difficile à dire… porte ces horribles képis de marins, un t-shirt à larges bandes rouges et blanches qui décrivent un magnifique faux-vrai semblant de bouées et bien sûr un tatouage d’enclume sur le bras… Véridique !  J’ai commandé un coca et ça n’a pas l’air de lui plaire… Je finis par prendre un rhum… sans coca ! Il est seize heure !

Hipsters, les gens autour de moi, n’ont qu’un seul but, donner au look main-stream sa réponse, son jet’emmerde. To Hip or not ? That’s the only cool question! Underground, non main-stream, le bourgeois-bohème outre atlantique est jazzy et post jazzy et même éléctro minimale. Le hipster fait régulièrement des bonds dans le temps, un saut dans le grenier de papy ou mamy ou encore une passe aux friperies sur Saint- Laurent.

Pour ensuite venir chiller dans un bar, quartier Mile-end où je me situe actuellement. Génération Y, d’ailleurs bien mieux au courant de ce qu’elle est que nous le sommes. Consommateur avisé de la toile pour justifier le look geek. Non au main stream ! Disent leurs habits tous en cœur ! Merde à l’harmonie des couleurs, bonjour le métissage des vêtements ! Par contre, tous un mac book pro, avec l’I-phone câblé dessus. Un mec lève la tête et me regarde avec de vieilles Ray-Ban Aviator aux vitres jaunes fumées, il porte une moustache épaisse mais soignée et boit un verre de lait dans un biberon. Son T-shirt affiche un champignon nucléaire. Son pote lui dit que son T-shirt freaks tout et demande si c’est Hiroshima. Nagasaki qu’il répond. Dehors une bande de loubards douillets, geeks, bigleux aux lunettes trop grandes et pantalons skinny garent leurs fixis. Le fixi, la bécanne du Hipster Fashion, le vélo à pignon fixe, une seule vitesse pour beaucoup plus de sensations ! Ils sont rejoints par un autre pantalon skinny qui monte anormalement des mollets à une haute taille qui lui dessine un huit comme je les aime. Une brunette à bretelles et t-shirt déchiré en dessous des seins. Elle fume une cigarette au bout d’un porte cigarette. Normal ! Une petite chienne de cheveux devant et le reste en chignon, derrière. Elle entre avec les autres et je la laisse tranquille du regard… C’est une hipster maintenant ! Toi t’es faite fourrer ! lui dit amicalement gay un Steve Urkel blanc ! Ouais mais c’était platte qu’elle répond. « Platte » veut dire « nul » en québécois. Lendemain déchantant ou désenchanté? Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? C’aurait été trop espérer qu’elle bosse cet après-midi comme elle me l’avait dit !! Et puis comment ça platte ? Trois fois plein de bonne volonté, de cris, de gueules tordues, de yeux révulsés… C’est quoi cette actrice de porn ? Eh ben quoi raconte ! Insiste l’autre Scritch. T’as ton mac ? demande-t-elle. Ben oui ma pute… Impression de regarder une mauvaise série AB Production ? Enfin une série AB Production. Gang de fiff ! Dirais-je si j’étais québécois… Ben, je suis pas partie depuis deux heures qu’il a posté ce truc sur son blog… Elle tape l’adresse et lui lit « Simple comme l\’amour »… Gênant! Il cosse trop ton chem lô ! Une joke lô ! Il freaks mais il est cute ! Et ça jazze sur ma gueule cinq minutes sans qu’on ne me remarque. J’écoute et médite la question d’avoir baisé une  Dr hipster et misses Chan. Schizo bitch ! C’est pas pire ! Tu sais comment sont les européens, ils s’accrochent vite ! lui dit Scritch. Pas pire ?! Non pantoute ! Attends cette meuf est un véritable rubicube de personnalités avec son t-shirt « I love cocks and peanut butter ». Af fundum mon rhum ! La gorge chaude, je me lève, vais les voir, la regarde, déçu je crois, et leur dis que le dernier article vient de sortir et est tout chaud.

Les sentiments sont d’étranges vêtements! Je te préférais nue!

L’amour ou la schizophrénie de la bouche

In Uncategorized on 02/01/2011 at 5:57

C’aurait dû être l’été indien, ça l’était en moi. J’entrais dans une période de transe, d’extase existentielle. J’étais une drogue. J’étais ma drogue et le monde me sniffait. Je nageais dans du bleu indigo. Je crèverais un jour ! Peut-être ! Même jeune ?!  Mais sur du Stan Getz et avec la conviction de devenir une étoile. Astralement vôtre, je vous prie!

Je voyais à travers les habits des filles dans la rue, je pensais à voix haute, on me sourie, on m’applaudit, on me « encore », on m’aime. Je voyais avec mon putain de troisième œil et pouvais enfin apprécier un peu de détachement, un peu de recul sur cette angoisse, cette imminence de toutes choses, cette importance des petits riens, cette fausse signification, ce besoin… J’écrivais tous les jours et il ne me fallait rien de plus, la bouffe avait bon goût, le bourgogne coulait dans mes veines, la vodka remontait mes artères et des pensées nouvelles baisaient dans ma tête. J’étais le cartésien désabusé de Gaspar Proust : « Je pense donc je suis mais je m’en fous ». J’avais le droit de m’en foutre et bien plus… Là où j’étais, il n’y avait rien à comprendre, juste à vivre et j’étais instinct.

C’était une néoménie. Après Lilith, la lune noire, l’abysse asexué, le rayon impossible, elle réapparaissait, Hécate, l’éméchée, son diadème argenté penchait comme un soir de bal et j’étais ivre en lune de femmes différentes. Des seins en poire me souriaient dans mes rêves et dans la vie, j’étais sexuel et avais une impression de Ravel qui jouait les jeux d’eau qui ne me quittait plus. Les doigts dansant constamment sur mes cuisses, sur la table, sur le bureau, sur le lit, sur un ventre, une poitrine, un cou, une nuque… Quel morceau jouaient-ils ? De quelle vie se souvenaient-ils ? Et qui était cette fille que la vie kaléidoscopait ? Destin ou acrasie de la baise ? Et quelle baise ! D’abord sur un bateau qui faisait un dj tour de nuit, un tour de la presqu’île de Montréal. Le tour d’une presqu’île ? Je la perds sur le ponton quand on accoste. Je la retrouve sur une terrasse, quatre jours après, je doute, j’envois un message et elle lève la tête… Je l’invite à boire un verre, elle ne peut pas et je la recroise le soir même… Je l’avais épié dans un bar, je l’avais rêvé à une expo, je l’avais sentie tout autour de ma tête me laver, me coiffer… Je l’avais invité à une soirée sur un bateau prétextant avoir deux invit’, je l’avais perdue et reperdue, je lui avais écrit de la poésie sur mon blog, je l’avais appelée et appelée pendant trois semaines… Elle ne répondait pas, il avait commencé à pleuvoir, je l’avais remplacé par une autre pour ne pas la harceler… Je l’avais là maintenant dans mon lit.

On est au petit matin ce que la cigarette est après la baise. On est au petit matin ce que l’aurore est au coq et  nous bouffons des menstruations de poule avec du lard et du lait. Je la regarde évoluer nue dans mon nouveau studio, je la baise des yeux, j’en veux à cette nonchalance de chatte. Je me masturbe sous la table à déjeuner et lui demande si elle veut vivre avec moi, je lui fais du pied nu, je lui dis qu’elle est à deux reprises mon plus beau coup d’un soir et lui demande si ça la dérangerait que je pleure en parlant d’une ex, en bouffant dans son assiette, en me mettant à boire à cette heure matinale… Il faut que je pète et surtout pas que je t’aime. Je ne veux plus partager mon amour, je suis très bien avec moi et moi, à m’aimer moi… Je me le rends bien ! Je ne veux pas inventer des affinités entre nous, encore moins en créer. Je ne veux pas me mettre à faire tout le contraire de ce que j’avais dit, de ce que je viens de dire. Je ne veux pas me contredire sous prétexte que tu manges les seins nus trop fermes. Je ne veux pas insister et te forcer à venir au resto avec moi ce soir m’écouter faire d’atroces blagues parce que je suis heureux et que tu t’imagines que t’es belle parce que je te regarde les yeux brillants, la bouche qui remonte des deux côtés vers des oreilles rouges, le cerveau défoncé au rose amour, en prairie de gazouillis, le nez stupide, les joues relevées, la glotte suspendue, le menton en arrière, les poumons et le foie devenus inutiles à mes vices. Je ne veux pas combler les blancs, je ne veux pas te parler de cette attente absurde qu’a été ma vie et est toujours… Je ne veux pas avoir de sentiments, encore moins pour quelqu’un. Pour toi… impossible, t’es bien trop belle pour ça! Je ne veux pas être jaloux, fou, oisif, lunatique, lunaire, assoiffé, inquiet, demandeur, vulnérable, touchant, mignon… Je ne veux pas être déraciné, j’ai peur du vide, j’ai peur… Je ne veux pas être franc, honnête, amoureux… Je ne préfère d’ailleurs pas en parler, tu pourrais t’imaginer n’importe quoi…

Attends!

Je ne veux pas non plus que tu te rhabilles, que tu changes, que … que tu répondes, qu’on parle, qu’on soit poli ou pire qu’on propose, qu’on prévoit, qu’on fasse, qu’on éventualise, qu’on dise, qu’on mente ou qu’on débriefe ce que je viens de dire et qu’on s’apprécie un peu, qu’on avoue, qu’on reconnaisse quoi que ce soit… Je  veux juste qu’on ne quitte ce matin ! Savoir ce que deux animaux feraient à notre place! Et faire pareil!

Bodies

In Uncategorized on 27/12/2010 at 5:22

Le cœur d’un embryon bat à la cinquième semaine.

Développement embryonnaire : une à dix semaines ; fœtal onze à quarante… Ils sont vraiment minus ! Dans leur petit bocal d’alizarine qui les rend phosphorescents… Un peu palots tout de même! Je regarde les couples autour de moi, occupés à inspecter ces fœtus morts, leurs micro-yeux… Des poupées fœtus ! Des spermatozoïdes funky- géants. Chérie ! Oui ? Je voudrais mettre un petit alien phosphorescent comme celui-là dans ton ventre ! Oh mon amour !

Je mets les pré-bébés, morts in utero dans mon Top 3 ! Avec ce type qui danse la valse égocentrique ; son squelette avec sa peau!

Une fille se barre par la porte d’urgence ! Tabernacle ! Je rêve ! Non, c’est elle ! J’en suis certain ! Je prends la porte d’urgence… et criss d’Ostie ! Comme dans les films ! Je la suis à deux secondes près, je sors et il y a personne. On dirait un mauvais rêve ! Le terrain de foot qui penche en ta défaveur, le combat avec des bras en mousse, la vague qui te submerge et te submerge, … Une fille qui disparaît à une expo à 22 dollars dont on ne sait pas d’où viennent les corps… J’imagine la scène suivante : nu sur des planches avec un public qui me hue ! C’est elle ! C’était elle ! J’en suis certain ! La fille du Laïka, la fille du mot, la fille qui attendait un « Arthur », la fille qui n’a jamais rappelé, la drague déchue, l’eurasienne… Amis du calembour, bonjour !  La fille qui m’a bridé en un regard…  C’était elle et je nage dans un délire de Damien Hirstt entre des gens coupés, au choix, horizontalement ou verticalement.

Dans la salle suivante, des canines me poussent. Un long couloir sombre et au milieu dans d’immenses cubes de glace un arbre bronchique lumineux, bleu et blanc ; des bustes de vaisseaux sanguins, des bras, des jambes, un cœur… et ce rouge… éclatant… ce rouge qui nous fait vivre ! C’aurait été quelque chose que de la re-rencontrer ici. Deuxième chance ! Au milieu de tout ce sang, de toutes ces veines,… Une romance de vampires ou de gens décalés par la profusion de séries fantastiques… Elle m’aurait demandé si j’étais un ancien de la jugulaire, un puriste ? Je l’aurais surpris par quelques préliminaires à l’étuvée et autres gavages astucieux qui donnent des foies gras juteux …  Puis j’aurais avoué mon penchant pour le haut, l’intérieur de la cuisse, …  Je lui aurais dit qu’elle était une petite crise cardiaque à point ! Je lui aurais dit que mes artères ensanglantaient mon cœur à chaque fois que je la voyais. Je lui aurais dit qu’elle chatouillait tout mon système nerveux. Je lui aurais dit que j’étais moelle épinière enfin articulée, que j’étais sa marionnette de longs lacets couleurs peau ; que mes pensées étaient à nues et mon crâne dégarni  sur une cervelle dont je n’utilise toute façon que dix pourcents… Je lui aurais dit qu’elle était les nonante autres, qu’elle était tous les messages sensoriels et toutes les impulsions motrices, toutes les synapses et toutes les connections imaginables, qu’elle était la faim, l’envie ; la soif et le désir, et par-dessus tout ce besoin, ce besoin d’air ; de le fumer en savant sauvage  que je suis, incompris et ne comprenant rien, ayant en moi, partout en moi le besoin. Je lui aurais dit devant des poumons ministériels noirs qu’elle était ma nicotétine. Je lui aurais dit qu’elle était l’inconnu, la recette de coca-cola, mon inconnue, le mystère de mon cœur et l’insondable vérité de la vie, l’essence au feu de joie. Je lui aurais dit qu’elle était un placebo plus beau que le bonheur, qu’elle était le rêve à la vie. Je lui aurais dit qu’elle était mon homéopathie, le remède à ma naissance, venu du haut, de l’intérieur de la cuisse, le mal par le mal, le sexe par le sexe.

Je l’aurais emmené à côté de l’appareil génital féminin et masculin et nous l’aurions fait devant et pour les gosses.

« Voir c’est savoir ! »  disait l’expo.

« Vouloir ! » pensai-je.

Ps : Le temps que tu lises ce texte ton sang est passé cinq fois entièrement dans ton cœur !