Thomas Cock

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Parce que c’est lundi ou sinon je ne vois pas

In Uncategorized on 05/02/2011 at 9:52

On est lundi !

Je suis déphasé ! Tous les jours pourraient être lundi ou dimanche. Pour moi, le système hebdomadaire ne sert généralement qu’à choisir une happy hour à une autre. Ca fait déjà trop de mois que le permis-vacance-travail n’est que permis-vacance-écriture et femmes. J’ai dépensé toutes mes économies. Il faut postuler pour ce poste de rédacteur Web ! Il faut faire quelque chose. Rentrer dans le groupe ! M’inscrire dans ma génération ! Dans ma triste génération qui n’a jamais connu le monde sans le sida, obligée de mettre des capotes. Tant pis !

Vendre quelque chose ? Un recueil de poèmes ? Moi ? Inventer ? Mentir ? Parce que là, je suis pire encore sur ce continent que sur l’autre ! Ce mois de Novembre, ce Movember Stache, avec tous ces fous qui s’étaient laissé pousser la moustache m’a fatigué. Ne parlons même pas d’Octobre avec ces cinq week-ends complets. Phénomène qui n’était plus arrivé depuis 823 ans et n’arrivera plus avant 823 ans. Cette fin d’automne, ma vision grossièrement fanée, l’espoir d’autre chose submergé comme une danseuses de club de nuit s’étiolait avec ma candidature  de scénariste pour un film sur Montréal, un concours fait avant mon départ qui avait fini dans ma boîte spam. J’ai vu que j’étais sélectionné pour le deuxième tour le lendemain de la date butoir.

J’ai prié hier soir pour que mon destin se manifeste et de préférence le plus rapidement possible. Que la vie me montre la voie à suivre. Je n’ai plus de crédit sur mon téléphone. Je n’ai pas internet chez moi. Je suis dans la merde. Pas un bal ! Mes deux cartes ne fonctionnent plus… sont vides en fait ! Avec un gros trou dans celle qui prête… Tout ça à cause de mon foie de Danaïde !

La seule solution que je vois à cette journée, à part écrire et postposer le problème jusqu’à avoir épuisé toutes mes conserves avec lesquelles je devrais tenir trois jours, est de me farcir un kilomètre avec mes vidanges dont j’obtiendrais trois dollars. Trois dollars pour un espresso et le net.

Une heure plus tard, le serveur commençait à faire des tours de vautour autour de moi. « Quelque chose pour accompagner votre espresso ? Un autre espresso ? » J’ai gratté trois heures supplémentaires de squat sur la toile bienfaitrice. J’avais trouvé ! Ce n’était sûrement pas la meilleure solution mais c’était une solution quand-même ! Une solution à la cock ! A la con ! Bruit de cymbale! Une pseudo solution qui ne fera que postposer le problème de trouver un boulot, un vrai. Qui plus est, j’engage ma personne dans ce qui serait à prévoir douteux !

J’ai marché une bonne heure, n’ayant pas d’abonnement métro. Je me sentais suintant quand je suis arrivé. J’avais déjà rempli les formalités sur le web et ai donc pu sauter l’étape administrative. On m’a conduit jusqu’une salle blanche qui sentait l’éther. Je lui ai dit bonjour et elle a répondu « allo ». Il y avait quatre chaises.

Je n’ai jamais aimé travailler. J’ai toujours eu recours à tous les ersatz de solutions possibles, légales ou non pour avoir de l’argent. Merveille que la jeunesse qui passe comme une bonne cuite! On se réveille, le lendemain, après avoir fait trente-six conneries, on pue l’absurde. Rance attirance que celle d’aimer ce qu’on ne comprend pas ou ce qui nous échappe. On prend dix ans pour s’en apercevoir comme une facture d’électricité à la décennie.

j’ai organisé des lotos entre amis, j’ai dealé des herbes de potence à la réalité et à l’illusion, un peu beaucoup ; j’ai vendu des fringues de contre façon, des clopes égyptiennes, j’ai adulé la martingale … et j’ai bien aimé voler enfin échanger, disons transvaser de temps en temps du whisky dans de l’ice-tea… ça marche aussi avec la vodka et l’eau… Bosser m’a toujours laissé un goût amer; tout le contraire, le reste était Lagavulin quinze ans d’âge avec de l’eau de pluie de Tasmanie. Ivresse de l’âge et lendemain gueule de bois.

Elle était jolie ! En tout cas désirable ! Elle avait quelque chose de fragile. Quelque chose prêt à casser à chaque instant et particulièrement dans un moment comme celui-ci. Chloé. Son prénom aussi avait quelque chose de délicat.

Je pensais détendre un peu l’atmosphère avec une petite blague mais la seule qui me venait était franchement Hardcore. « Ecoute ça va très bien se passer ! Je vois déjà le moment où je t’encule, tu pètes et on rigole ! »